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Prime de départ à la retraite : montant, calcul et fiscalité en 2026

Skarlett est un courtier en assurance immatriculé ORIAS n°23004755, sous le contrôle de l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution).

La prime de départ à la retraite est une somme versée par l'employeur lorsqu'un salarié quitte définitivement son poste — mais son traitement fiscal dépend d'un point souvent mal compris : si vous partez volontairement, votre prime est imposable en totalité, sans exonération. C'est seulement si c'est votre employeur qui décide de vous mettre à la retraite qu'une exonération partielle ou totale peut s'appliquer. Ce guide détaille qui a droit à cette prime, comment elle est calculée, et sa fiscalité réelle en 2026.

Prime de départ à la retraite

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À retenir

  • La prime de départ à la retraite est versée par l'employeur, en plus du solde de tout compte — elle n'a rien à voir avec la pension versée par les caisses de retraite.
  • Son montant minimum légal démarre à un demi-mois de salaire après 10 ans d'ancienneté, jusqu'à 2 mois après 30 ans — votre convention collective peut prévoir bien plus.
  • Point fiscal essentiel, souvent inversé à tort : l'indemnité de départ volontaire est imposable en totalité, sans exonération (sauf plan de sauvegarde de l'emploi). C'est la mise à la retraite décidée par l'employeur qui bénéficie d'une exonération partielle ou totale, dans la limite de 240 300 € en 2026.
  • Le système du quotient permet d'étaler l'impact fiscal d'une prime exceptionnelle sur plusieurs années.
  • La CSG et la CRDS restent dues sur la prime, même lorsqu'elle est exonérée d'impôt sur le revenu.

Qu'est-ce que la prime de départ à la retraite ?

La prime de départ à la retraite est une somme versée par l'employeur quand un salarié quitte définitivement son poste pour prendre sa retraite, en plus du solde de tout compte — elle est distincte de la pension de retraite versée par les caisses.

Son montant minimum est fixé par le Code du travail, mais votre convention collective ou un accord d'entreprise peuvent prévoir des montants plus favorables.

Qui peut toucher une prime de départ à la retraite ?

Cinq conditions principales : un départ volontaire, une ancienneté suffisante, l'âge légal atteint, le respect des règles de votre convention collective, et une demande formulée dans les règles (préavis respecté).

  • Départ volontaire : la prime légale est versée si vous êtes à l'initiative de votre départ.
  • Ancienneté minimale de 10 ans : seuil légal pour déclencher l'indemnité de base, sauf disposition plus favorable de votre convention.
  • Âge légal atteint : entre 62 et 64 ans selon votre année de naissance (calendrier actuellement ajusté par la suspension de la réforme de 2023).
  • Conditions conventionnelles : certaines entreprises appliquent des règles spécifiques, souvent plus avantageuses.
  • Préavis respecté : généralement 2 à 3 mois, pour que le départ soit considéré comme régulier.

À lire aussi : Âge départ retraite

Quel est le montant de la prime de départ à la retraite ?

Le montant minimum légal dépend uniquement de votre ancienneté dans l'entreprise, sauf accord plus favorable.

Ancienneté dans l’entrepriseMontant minimum légal de la prime
Au moins 10 ans1/2 mois de salaire
Au moins 15 ans1 mois de salaire
Au moins 20 ans1 mois et demi de salaire
Au moins 30 ans2 mois de salaire

Le salaire de référence correspond à la moyenne brute mensuelle des 12 derniers mois, ou des 3 derniers mois si cette base est plus favorable.

Les conventions collectives peuvent prévoir des montants supérieurs

De nombreuses conventions collectives (banque, métallurgie, chimie, grande distribution) prévoient des montants bien supérieurs au minimum légal, parfois jusqu'à plusieurs mois de salaire après 20 à 30 ans d'ancienneté. Vérifiez systématiquement votre convention avant de partir.

Quelle différence entre départ volontaire et mise à la retraite ?

Le départ volontaire est décidé par le salarié, dès l'âge légal atteint ; la mise à la retraite est décidée par l'employeur, possible seulement à partir de 67 ans avec l'accord du salarié, ou automatiquement à 70 ans.

Cette distinction n'est pas qu'une question de procédure : elle a un impact fiscal majeur, détaillé plus bas.

Comment est calculée la prime de départ à la retraite ?

Le calcul repose sur deux critères : votre ancienneté dans l'entreprise et votre salaire de référence (moyenne des 12 ou des 3 derniers mois, selon la formule la plus favorable).

Quels éléments sont inclus ou exclus du calcul ?

Sont inclus : le salaire brut de référence, les primes fixes et régulières (13ᵉ mois, prime d'ancienneté), et les heures supplémentaires régulières. Sont exclus : les primes exceptionnelles (intéressement, participation), et les indemnités non salariales (frais, avantages en nature, tickets restaurant).

Pour approfondir votre stratégie de fin de carrière, consultez notre guide sur la retraite anticipée pour carrière longue.

Quelle fiscalité s'applique réellement à votre prime de départ ?

C'est le point le plus mal compris du sujet : l'indemnité de départ volontaire est imposable en totalité, sans aucune exonération (sauf cas très spécifique d'un plan de sauvegarde de l'emploi) ; c'est la mise à la retraite décidée par l'employeur qui peut bénéficier d'une exonération.

Départ volontaire : aucune exonération d'impôt

Si c'est vous qui décidez de partir, votre prime est intégralement soumise à l'impôt sur le revenu, quel que soit son montant. Elle reste également soumise à la CSG et à la CRDS. Le système du quotient (article 163-0 A du Code général des impôts) permet toutefois d'étaler l'impact fiscal de cette prime exceptionnelle sur plusieurs années, pour éviter un saut brutal de tranche d'imposition.

Mise à la retraite par l'employeur : une exonération possible

Si c'est votre employeur qui décide de vous mettre à la retraite, l'indemnité est exonérée d'impôt dans la limite du plus favorable des montants suivants : le montant fixé par la loi ou la convention collective (exonéré en totalité), deux fois votre rémunération brute annuelle de l'année précédente, la moitié de l'indemnité perçue, ou un plafond fixé à 240 300 € pour les indemnités perçues en 2026 (235 500 € en 2025).

Type de départFiscalitéPlafond d'exonération
Départ volontaireImposable en totalitéAucune (sauf plan de sauvegarde de l'emploi)
Mise à la retraite par l'employeurExonération partielle ou totaleLe plus favorable entre le montant légal/conventionnel, 2× la rémunération brute annuelle, 50 % de l'indemnité, ou 240 300 € (2026)

Exemple concret

Monsieur Martin, mis à la retraite par son employeur après 22 ans d'ancienneté, perçoit une indemnité de 60 000 €. Son salaire brut de l'année précédente était de 38 000 € (soit 76 000 € au double), et sa convention collective prévoyait une indemnité minimale de 25 000 €. Le plafond retenu est le plus favorable : 76 000 €. Sa prime de 60 000 € étant inférieure à ce plafond, elle est intégralement exonérée d'impôt sur le revenu.

La prime est-elle soumise à cotisations sociales ?

Oui, dans tous les cas, la CSG et la CRDS restent dues (environ 9,7 % au total), même lorsque la prime est exonérée d'impôt sur le revenu. Les cotisations sociales patronales et salariales classiques, elles, sont généralement exonérées pour un départ à la retraite, dans la limite de 2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale.

Ces deux niveaux (fiscal et social) suivent des règles distinctes : une prime peut être totalement exonérée d'impôt tout en restant partiellement soumise à cotisations sociales au-delà d'un certain montant.

Foire aux questions

Ma prime de départ volontaire peut-elle être exonérée d'impôt ?

Non, sauf si votre départ s'inscrit dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) — dans le cas général, l'indemnité de départ volontaire est imposable en totalité.

Quelle est la différence de montant entre départ volontaire et mise à la retraite ?

La mise à la retraite suit le barème de l'indemnité de licenciement (plus généreux), tandis que le départ volontaire suit le barème spécifique de 0,5 à 2 mois de salaire selon l'ancienneté — l'écart peut représenter plusieurs milliers d'euros.

Le plafond d'exonération de 2026 s'applique-t-il à tout le monde ?

Il ne s'applique qu'aux indemnités de mise à la retraite décidée par l'employeur — le départ volontaire n'a pas de plafond d'exonération puisqu'il n'y a pas d'exonération du tout.

Qu'est-ce que le système du quotient, et comment en bénéficier ?

C'est un mécanisme fiscal qui permet d'étaler l'imposition d'un revenu exceptionnel sur plusieurs années plutôt que de le taxer en une seule fois — à demander explicitement lors de votre déclaration de revenus (case dédiée du formulaire 2042 C).

La CSG et la CRDS s'appliquent-elles même si ma prime est exonérée d'impôt ?

Oui, ces deux contributions restent dues dans la quasi-totalité des cas, indépendamment de l'exonération d'impôt sur le revenu.

Sources officielles : Service-Public.fr (fiscalité des indemnités de départ et de mise à la retraite) · Code du travail, article R1234-4 · Code général des impôts, articles 80 duodecies et 163-0 A — vérifiées en 2026

Skarlett est un courtier en assurance immatriculé ORIAS n°23004755, sous le contrôle de l'ACPR. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil personnalisé.

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