
Âge limite pour ouvrir un PER : vraiment aucune limite ?
La loi ne fixe aucun âge maximum. Mais ouvrir un PER après 70 ans reste-t-il pertinent pour vous ? On vous le dit sans détour.

Préparer sa retraite est déjà un défi. Le faire à deux, avec les bonnes stratégies, peut transformer cette étape en véritable opportunité d'optimisation. Entre fiscalité avantageuse, protection mutuelle et transmission facilitée, l'épargne retraite conjointe mérite qu'on s'y attarde. Voici tout ce que vous devez savoir pour bâtir une stratégie à deux qui protège votre avenir commun.

Quand on parle d'épargne retraite pour un couple, on ne double pas simplement les avantages. On les démultiplie. La force du couple réside dans sa capacité à mutualiser, optimiser et sécuriser son patrimoine de manière bien plus efficace qu'en solo.
Imaginons Monsieur et Madame Durand, tous deux salariés. Monsieur gagne 45 000 € par an, Madame 35 000 €. Séparément, leurs plafonds de déduction fiscale s'élèvent respectivement à 4 500 € et 3 500 €. Mais ensemble, ils disposent d'un disponible fiscal cumulé de 8 000 € qu'ils peuvent répartir stratégiquement selon leurs revenus respectifs et leur tranche d'imposition.
Si Monsieur est imposé à 30 % et Madame à 11 %, il devient plus avantageux que Monsieur verse davantage sur son PER pour maximiser l'économie d'impôt du foyer. Cette approche coordonnée peut générer une économie fiscale supplémentaire de plusieurs centaines d'euros par an.
L'épargne retraite à deux, ce n'est pas seulement optimiser l'impôt. C'est aussi protéger celui qui reste. En cas de décès de l'un des conjoints, le capital ou la rente du PER peut être transmis au survivant en franchise totale de droits de succession. Une sécurité précieuse quand on sait que les pensions de réversion ne compensent que partiellement la baisse de revenus.
Madame Martin, 67 ans, a perdu son mari l'année dernière. Grâce au PER qu'il avait souscrit et dont elle était bénéficiaire, elle a perçu un capital de 85 000 € qui lui permet aujourd'hui de maintenir son niveau de vie sans toucher à sa résidence principale.

C'est LA question que tous les couples se posent. La réponse n'est pas binaire : elle dépend de votre situation matrimoniale, de vos revenus et de vos objectifs patrimoniaux.
Le PER est un contrat individuel. Il n'existe pas de "PER joint" ou de "PER couple". Chaque membre du couple doit ouvrir son propre contrat s'il souhaite bénéficier des avantages fiscaux liés à ses revenus personnels.
Pourquoi privilégier deux PER distincts ?
Exemple concret : Philippe et Isabelle, 62 ans, mariés sous le régime de la séparation de biens. Philippe a ouvert un PER et verse 8 000 € par an. Isabelle, qui a des revenus plus faibles, n'en a pas ouvert. Résultat : le couple perd l'opportunité d'utiliser le plafond fiscal d'Isabelle (environ 3 000 € de déduction possible). En ouvrant chacun leur PER, ils auraient pu déduire 11 000 € au lieu de 8 000 €, soit une économie d'impôt supplémentaire d'environ 900 € par an.
La fiscalité est le nerf de la guerre quand on parle d'épargne retraite. Pour un couple, maîtriser ces mécanismes permet de transformer une simple épargne en levier patrimonial puissant.
Le disponible fiscal, c'est le montant maximum que vous pouvez déduire de vos revenus imposables en alimentant votre PER. Pour un couple, ce disponible se calcule individuellement mais peut être utilisé de manière stratégique.
En 2025, le plafond individuel de déduction fiscale PER est calculé ainsi :
✅ Pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune, les deux plafonds peuvent être mutualisés pour optimiser l’impact fiscal.
L'astuce de la mutualisation :
Si l'un des conjoints n'utilise pas son plafond, l'autre ne peut pas le récupérer sur son propre PER. En revanche, le couple peut décider qui verse quoi selon les tranches d'imposition respectives pour maximiser l'économie globale du foyer.

Votre régime matrimonial conditionne la nature de votre PER : sera-t-il un bien propre ou un bien commun ? Cette distinction a des conséquences majeures en cas de divorce ou de décès.
Si vous êtes mariés sous le régime légal (communauté réduite aux acquêts), les versements effectués pendant le mariage avec des revenus communs alimentent un bien commun. En cas de divorce, la valeur du PER sera partagée. En revanche, si vous alimentez votre PER avec de l'argent issu d'un héritage ou d'une donation personnelle, il reste un bien propre.
Mariés sous le régime de la séparation de biens ? Votre PER reste votre bien propre, peu importe la source de financement. En cas de divorce, chacun repart avec son épargne retraite sans discussion. C'est la solution privilégiée par les couples soucieux de protéger leur autonomie patrimoniale.
Pour les couples pacsés, le PER est toujours considéré comme un bien propre, quel que soit le régime choisi (séparation de biens ou indivision). Seul le bénéficiaire désigné en cas de décès bénéficiera du capital transmis en franchise de droits de succession.
Au-delà de l'optimisation fiscale, l'épargne retraite en couple doit avant tout assurer la sécurité financière du conjoint survivant. Le PER offre des dispositifs de protection particulièrement avantageux.
Lors de l'ouverture de votre PER, vous devez désigner un ou plusieurs bénéficiaires en cas de décès. Pour un couple, il est courant de désigner son conjoint en premier bénéficiaire. Cette désignation peut être modifiée à tout moment.
Avantage fiscal majeur :
Le capital transmis au conjoint survivant ou au partenaire de PACS est totalement exonéré de droits de succession, quel que soit le montant. C'est l'un des atouts les plus puissants du PER pour les couples.
En cas de décès avant la retraite, le conjoint survivant peut choisir entre :
Exemple :
Monsieur Bertrand décède à 64 ans. Son PER contient 120 000 €. Madame Bertrand, bénéficiaire désignée, choisit de récupérer 50 000 € en capital pour rembourser le crédit de la résidence secondaire et transfère les 70 000 € restants sur son propre PER. Elle continue ainsi à bénéficier de la fiscalité avantageuse du PER tout en sécurisant son avenir.
Avant de vous lancer, prenez le temps de discuter en couple de ces cinq points essentiels. Ils détermineront la stratégie la plus adaptée à votre situation.
1️⃣ Quels sont nos revenus respectifs et nos tranches d'imposition ?
Plus l'écart est important, plus l'optimisation fiscale sera déterminante. Si l'un est imposé à 41 % et l'autre à 11 %, priorisez les versements sur le PER du conjoint le plus imposé.
2️⃣ Quel est notre régime matrimonial ?
Communauté ou séparation de biens ? Cette information conditionne la nature de vos PER et leur devenir en cas de séparation.
3️⃣ Avons-nous des enfants d'unions précédentes ?
Si oui, la désignation des bénéficiaires devient stratégique. Vous pouvez protéger votre conjoint tout en assurant une part à vos enfants.
4️⃣ À quel âge souhaitons-nous prendre notre retraite ?
Si vous avez plus de 60 ans, les versements sur un PER restent déductibles et la sortie est possible à tout moment. C'est un levier intéressant pour réduire vos impôts tout en gardant une flexibilité.
5️⃣ Préférons-nous une sortie en capital ou en rente ?
Cette question détermine si vous ouvrez un ou deux PER et comment vous les alimentez. L'un peut viser le capital (pour financer un projet), l'autre la rente (pour compléter les pensions).
Le PER n'est pas la seule solution d'épargne pour les couples seniors. L'assurance vie reste une alternative ou un complément pertinent, selon vos objectifs.
Le PER est idéal si :
Exemple :
Bernard et Sylvie, 58 ans, cadres supérieurs, sont imposés à 41 %. En versant chacun 10 000 € par an sur leur PER, ils économisent 8 200 € d'impôt par an. Sur 7 ans, c'est 57 400 € d'économie tout en se constituant un capital retraite de 140 000 €.
L'assurance vie est plus pertinente si :
Stratégie combinée :
De nombreux couples optent pour les deux : un PER pour optimiser l'impôt et préparer la retraite, une assurance vie pour disposer d'une épargne de précaution et optimiser la transmission aux enfants.

Situation : Monsieur Legrand perçoit une pension de 2 800 € nets par mois. Madame Legrand travaille encore et gagne 3 200 € nets par mois. Ils sont imposés à 30 % sur leur foyer fiscal.
Stratégie adoptée : Madame Legrand ouvre un PER et verse 6 000 € par an, déductibles de ses revenus. Économie d'impôt : 1 800 € par an. Monsieur Legrand, déjà retraité, n'ouvre pas de PER mais bénéficie indirectement de la baisse d'impôt du foyer. À 65 ans, Madame sortira son capital pour financer des travaux dans leur résidence principale.
Résultat : En 4 ans, le couple aura économisé 7 200 € d'impôt tout en constituant un capital de 24 000 € (hors intérêts) disponible pour leurs projets.
Situation : Tous deux retraités, ils perçoivent ensemble 4 500 € nets par mois. Ils ont chacun des enfants d'un premier mariage. Madame Rousseau dispose d'un héritage de 150 000 € qu'elle souhaite faire fructifier tout en protégeant son compagnon.
Stratégie adoptée : Madame Rousseau souscrit une assurance vie et désigne Monsieur Rousseau comme bénéficiaire à 50 %, ses enfants à 50 %. Elle verse également 10 000 € sur un PER pour bénéficier d'une déduction fiscale immédiate (bien qu'à la retraite, elle a encore des revenus fonciers imposables).
Résultat : Protection optimale du conjoint tout en préservant les droits des enfants. Le PER réduit l'impôt sur les revenus fonciers et sera transmis au conjoint en franchise totale de droits.
Situation : Tous deux encore en activité, ils ont des revenus très différents (Monsieur : 75 000 € annuels, Madame : 28 000 €). Ils souhaitent optimiser leur fiscalité tout en garantissant l'indépendance patrimoniale de chacun.
Stratégie adoptée : Chacun ouvre son PER. Monsieur verse 15 000 € par an (TMI à 41 %), Madame 3 000 € (TMI à 11 %). Économie d'impôt totale : 6 480 € par an. En cas de séparation, chacun conserve son épargne propre.
Résultat : En 5 ans, le couple aura économisé 32 400 € d'impôt et constitué un capital retraite cumulé de 90 000 € tout en préservant leur autonomie financière.
Contrairement aux idées reçues, ouvrir ou alimenter un PER après 60 ans reste pertinent pour de nombreux couples. Voici pourquoi.
Même après 60 ans, chaque versement sur votre PER est déductible de vos revenus imposables (salaires, pensions, revenus fonciers...). Pour un couple de seniors encore imposés, c'est un levier puissant pour réduire la facture fiscale tout en épargnant.
Exemple : Monsieur et Madame Dubois, 62 ans, perçoivent ensemble 5 200 € de pensions par mois et sont imposés à 30 %. En versant chacun 5 000 € sur leur PER, ils économisent 3 000 € d'impôt dans l'année. À 65 ans, ils pourront sortir ce capital pour financer l'achat d'une résidence secondaire.
À partir de 60 ans, vous pouvez débloquer votre PER à tout moment, même si vous n'êtes pas encore à la retraite. Cette souplesse permet de concilier avantage fiscal immédiat et disponibilité du capital à court terme.
Idéal pour :
Même avec les meilleures intentions, certaines erreurs peuvent coûter cher. Voici les pièges les plus fréquents et comment les éviter.
Oublier de désigner un bénéficiaire, c'est prendre le risque que votre PER soit intégré à votre succession classique et soumis aux droits de succession pleins. Pour protéger votre conjoint, désignez-le expressément comme bénéficiaire dès l'ouverture du contrat.
Le PER est individuel. N'essayez pas de "mutualiser" un seul contrat pour économiser des frais : vous perdriez la moitié de vos avantages fiscaux et la flexibilité de gestion.
Votre régime matrimonial a un impact direct sur la nature de votre PER (bien propre ou commun). Ignorez cette dimension, et vous risquez de mauvaises surprises en cas de divorce ou de succession. Consultez un professionnel pour clarifier ce point.
Certains couples se focalisent uniquement sur le PER et négligent d'autres solutions complémentaires comme l'assurance vie ou les placements immobiliers. Une stratégie patrimoniale équilibrée combine plusieurs solutions selon les objectifs de chacun.
Chaque couple est unique. Vos revenus, votre régime matrimonial, vos projets de transmission et vos objectifs de vie conditionnent la stratégie d'épargne retraite la plus adaptée. C'est précisément pour cette raison qu'un accompagnement personnalisé fait toute la différence.
En tant que courtier spécialisé, Skarlett analyse votre situation dans sa globalité pour vous proposer des solutions d'épargne et de placement sur mesure. Nous ne vendons pas de produits : nous vous guidons vers les meilleures décisions pour votre avenir à deux.
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Vous vous demandez s'il vaut mieux ouvrir un ou deux PER ? Comment protéger votre conjoint en cas de décès ? Quelle répartition des versements privilégier ? Prenons le temps d'en discuter ensemble lors d'un échange sans engagement.

Vos questions fréquentes
Peut-on ouvrir un PER commun pour deux personnes ?
Non, le PER est un contrat strictement individuel. Chaque membre du couple doit ouvrir son propre contrat. Cette règle permet justement de multiplier les avantages fiscaux en cumulant les plafonds de déduction de chaque conjoint.
Comment se répartissent les plafonds de déduction fiscale dans un couple ?
Chaque conjoint dispose de son propre plafond (10 % des revenus professionnels, plafonné à 37 094 € en 2025). On ne peut pas "transférer" le plafond non utilisé de l'un vers l'autre, mais on peut choisir stratégiquement qui verse sur son PER pour optimiser l'économie d'impôt du foyer.
Que devient le PER en cas de divorce ?
Cela dépend du régime matrimonial. En communauté réduite aux acquêts, le PER alimenté pendant le mariage peut être considéré comme un bien commun et entrer dans le partage. En séparation de biens, chacun conserve son PER. Dans tous les cas, le contrat reste au nom du titulaire.
Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession sur le PER ?
Non. Le capital ou la rente transmis au conjoint survivant ou au partenaire de PACS est totalement exonéré de droits de succession, quel que soit le montant. C'est l'un des principaux atouts du PER pour protéger son conjoint.
Peut-on alimenter le PER de son conjoint ?
Techniquement non, car chaque PER est alimenté par son titulaire. En revanche, vous pouvez effectuer une donation à votre conjoint qui utilisera ensuite ces fonds pour alimenter son propre PER. Attention toutefois aux implications fiscales et aux règles relatives aux donations entre époux.
Quelle différence entre PER individuel et retraite complémentaire pour un couple ?
La retraite complémentaire (Agirc-Arrco pour les salariés) est un régime obligatoire financé par vos cotisations sociales. Le PER est un dispositif d'épargne volontaire qui vient en complément. Les deux se cumulent et répondent à des logiques différentes : obligation vs optimisation fiscale.
Est-ce intéressant d'ouvrir un PER après 60 ans ?
Oui, si vous êtes encore imposables. Les versements restent déductibles et vous pouvez sortir votre capital à tout moment dès 60 ans. C'est particulièrement pertinent pour les couples qui souhaitent réduire leur impôt tout en gardant une flexibilité sur leur épargne.
Quels sont les meilleurs placements pour un senior en couple ?
En complément du PER, les couples seniors privilégient souvent l'assurance vie pour sa flexibilité, les SCPI pour générer des revenus réguliers, et les livrets réglementés pour l'épargne de précaution. L'idéal est de diversifier selon vos besoins et votre profil de risque.
Le PER protège-t-il mieux que l'assurance vie en cas de décès du conjoint ?
Les deux offrent une transmission avantageuse au conjoint survivant (exonération totale de droits de succession). Le PER est plus orienté retraite avec une fiscalité incitative à l'entrée. L'assurance vie est plus souple pour la transmission multi-générationnelle. Beaucoup de couples combinent les deux.
Comment fonctionne la fiscalité du PER pour un couple marié selon le régime matrimonial ?
Quel que soit le régime, chaque PER reste au nom de son titulaire et génère sa propre déduction fiscale sur la déclaration commune du foyer. C'est lors de la sortie ou en cas de divorce que le régime matrimonial influence le traitement patrimonial du PER (bien propre ou commun).


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