
Usufruit et succession : comment protéger vos proches et optimiser votre patrimoine en 2026 ?
Toutes les subtilités de l’usufruit successif et comment l’utiliser dans le cadre de sa gestion de patrimoine.

Le barème de l’usufruit est un outil fiscal indispensable pour évaluer la valeur des droits lors d’un démembrement de propriété, très utilisé dans les donations ou successions. Il permet notamment de transmettre un patrimoine en conservant l’usage d’un bien, tout en allégeant la fiscalité.

Le barème de l'usufruit est un outil fiscal défini par l'administration. Il attribue une valeur à l'usufruit et à la nue-propriété d'un bien en cas de démembrement de propriété, c'est-à-dire lorsque la pleine propriété est séparée en deux : d'un côté l'usufruit (le droit d'utiliser le bien et d'en percevoir les revenus), de l'autre la nue-propriété (le droit d'en disposer, sans en avoir l'usage).
Ce barème s'applique dans toutes les opérations où un bien est démembré : donation, succession, vente en démembrement. Il repose sur un seul critère : l'âge de l'usufruitier au jour de l'opération. La logique est intuitive : plus l'usufruitier est jeune, plus il profitera longtemps du bien, donc plus son usufruit vaut cher ; plus il est âgé, plus cette valeur diminue.
Le barème applicable en 2026 est celui de l'article 669 du CGI, inchangé, par tranches d'âge de dix ans :
Comment lire ce tableau ?
On repère la tranche d'âge de l'usufruitier, on lit le pourcentage d'usufruit, et la nue-propriété correspond au complément à 100 %. Ce barème est officiel et opposable : c'est lui que retient l'administration pour chiffrer ce que vous détenez, ce que vous transmettez, et le coût fiscal de l'opération. La référence complète figure au Bulletin officiel des finances publiques (BOI-ENR-DMTG-10-10-20).
Le calcul tient en trois étapes :
Exemple à 65 ans. Vous donnez la nue-propriété d'un appartement estimé à 300 000 € tout en conservant l'usufruit. Vous êtes dans la tranche 61-70 ans : l'usufruit vaut 40 %, la nue-propriété 60 %.
Ce sont donc 180 000 € qui servent de base aux droits de donation, et non 300 000 €.
Exemple à 75 ans. Même bien, mais vous avez 75 ans : l'usufruit ne vaut plus que 30 %, la nue-propriété 70 %.
On voit l'effet de l'âge : à 75 ans, la base taxable transmise est plus élevée qu'à 65 ans, car l'usufruit conservé vaut moins. D'où l'intérêt, quand c'est possible, d'anticiper une transmission en démembrement plutôt que de la reporter.
Point essentiel, souvent source d'erreurs : le barème de l'article 669 du CGI est un barème fiscal. Il ne sert qu'au calcul des droits de donation et de succession, et il ne dépend que de l'âge.
Dans d'autres contextes — notamment la vente d'un usufruit ou d'une nue-propriété, ou un démembrement négocié entre particuliers — on peut recourir à une valeur économique. Celle-ci tient compte du rendement réel du bien, de la durée prévue et de l'espérance de vie de l'usufruitier ; elle peut s'écarter sensiblement du barème fiscal. Autrement dit : le pourcentage du tableau vous donne la base fiscale, pas nécessairement le prix de marché d'un usufruit. Pour une opération de vente, il est prudent de faire estimer cette valeur économique.
L'usufruit peut aussi être acquis pour une durée fixe, indépendamment d'une vie : on parle alors d'usufruit temporaire. C'est fréquent dans l'investissement immobilier ou en parts de SCPI (société civile de placement immobilier), pour une durée de 5 à 15 ans en général.
Fiscalement, l'usufruit temporaire est valorisé à 23 % de la valeur de la pleine propriété par période de dix ans (article 669-II du CGI), sans pouvoir dépasser la valeur qu'aurait l'usufruit viager selon l'âge. Ainsi, un usufruit de 10 ans vaut 23 %, un usufruit de 20 ans 46 %, et ainsi de suite.
L'intérêt est double pour un investisseur : le coût d'entrée est réduit (vous n'achetez que l'usage, pas la pleine propriété), tout en percevant 100 % des revenus pendant la durée de l'usufruit. De plus, l'usufruitier de parts n'étant pas propriétaire du bien, ces actifs n'entrent pas dans l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI). C'est un levier utile pour compléter des revenus à la retraite, à condition d'être bien accompagné sur le choix des supports.
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L'usufruit est par nature temporaire. Il prend fin :
Dans les deux cas, l'extinction déclenche la réunion de plein droit : le nu-propriétaire retrouve la pleine propriété du bien, automatiquement et sans droit supplémentaire à acquitter. Ce mécanisme est au cœur de la planification patrimoniale : il permet d'organiser à l'avance la transmission, en maîtrisant le moment et le coût fiscal.
Le démembrement et le barème de l'usufruit sont de puissants leviers de transmission, mais leur mise en œuvre dépend de votre situation précise : composition du patrimoine, âge, objectifs, présence d'enfants. Chez Skarlett, nos experts patrimoine vous aident à faire les bons calculs et à choisir le montage le plus adapté, pour alléger la fiscalité tout en préservant l'usage de vos biens. Contactez-nous pour un accompagnement personnalisé.

On applique le pourcentage du barème de l'article 669 du CGI à la valeur du bien en pleine propriété. Exemple : pour un bien de 300 000 € avec un usufruitier de 65 ans (tranche 61-70 ans), l'usufruit vaut 40 %, soit 120 000 €, et la nue-propriété 60 %, soit 180 000 €.
Entre 61 et 70 ans, l'usufruit vaut 40 % du bien ; entre 71 et 80 ans, il vaut 30 %. À 70 ans l'usufruit est donc estimé à 40 %, et à 75 comme à 80 ans à 30 % (la nue-propriété valant respectivement 60 % puis 70 %).
Non. Le barème fiscal reste celui de l'article 669 du CGI, par tranches d'âge de dix ans, inchangé. Il s'applique aux donations et successions déclarées en 2026.
La valeur fiscale (article 669 du CGI) sert à calculer les droits de donation et de succession, uniquement selon l'âge. La valeur économique tient compte du rendement réel du bien et de l'espérance de vie ; elle est plutôt utilisée lors d'une vente ou d'un démembrement négocié, et peut différer sensiblement du barème fiscal.
L'usufruit temporaire vaut 23 % de la valeur de la pleine propriété par période de dix ans (ou fraction), sans dépasser la valeur de l'usufruit viager du barème. Un usufruit de 10 ans vaut donc 23 %, un usufruit de 20 ans 46 %.
Le donataire (souvent l'enfant) qui reçoit la nue-propriété paie les droits de donation, calculés uniquement sur la valeur de cette nue-propriété. Au décès de l'usufruitier, il récupère la pleine propriété sans droit de succession supplémentaire.
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