
Qu'est-ce que la nue-propriété et comment fonctionne-t-elle ?
Tout ce qu'il faut savoir sur la nue-propriété lors d'une vente.


L'usufruit, c'est le droit d'habiter un bien ou de le louer et d'en toucher les revenus, sans en être pleinement propriétaire. Il dure le plus souvent toute la vie de celui qui le détient, l'usufruitier. Fiscalement, il vaut entre 90 % et 10 % de la valeur du bien selon son âge : 30 % entre 71 et 80 ans, par exemple. Chez Skarlett, nous rencontrons surtout l'usufruit chez des veufs et veuves qui vivent dans la maison du couple, dont leurs enfants sont devenus nus-propriétaires.

La propriété d'un bien regroupe trois droits : l'utiliser (l'« usus »), en percevoir les revenus (le « fructus ») et en disposer, c'est-à-dire le vendre ou le donner (l'« abusus »). Quand ces droits sont séparés entre deux personnes, on parle de démembrement de propriété. L'usufruitier détient les deux premiers, le nu-propriétaire le troisième.
Prenons Hélène, 74 ans. À la mort de son mari, elle a reçu l'usufruit de leur maison ; leurs deux enfants en ont la nue-propriété. Hélène y vit comme avant et décide seule de la louer si elle part. Ses enfants, eux, ne peuvent ni l'occuper ni la louer, mais ce sont eux qui la récupéreront entièrement à son décès. (Situation fictive.)
L'usufruit peut porter sur une maison, mais aussi sur un portefeuille de titres, un compte bancaire ou des meubles (F934).
Source : service-public.gouv.fr, fiche F934. Pour le point de vue du nu-propriétaire, voir notre guide Qu'est-ce que la nue-propriété ?.

L'usufruitier peut habiter le bien ou le louer. Pour un bail d'habitation, il décide seul ; il lui faut l'accord du nu-propriétaire pour un bail rural, commercial, artisanal ou industriel. Il perçoit les loyers, intérêts ou dividendes pendant toute la durée de l'usufruit, et il est imposé sur ces revenus. Il peut aussi vendre ou donner son usufruit sans demander l'accord du nu-propriétaire : voir la donation d'usufruit au nu-propriétaire. (F934)
Avant d'entrer en jouissance, l'usufruitier fait un état des lieux du bien immobilier, ou un inventaire des biens mobiliers. Il entretient le bien, paie les réparations d'entretien, la taxe foncière et, le cas échéant, l'impôt sur la fortune immobilière. Les grosses réparations, qui ne concernent que le gros œuvre, restent à la charge du nu-propriétaire, sauf si elles viennent d'un défaut d'entretien. À la fin de l'usufruit, il ne peut pas réclamer d'indemnité pour les améliorations apportées. (F934 ; Code civil, articles 605 et 606, cités par notaires.fr)
Pour le détail : Usufruit et taxe foncière : qui doit payer ? et Usufruit et IFI.

Vivre dans la maison : c'est votre droit, sans loyer à payer, mais vous assumez l'entretien courant et la taxe foncière.
La louer : vous pouvez signer seul un bail d'habitation et encaisser les loyers.
La vendre : il faut vendre avec le nu-propriétaire ; chacun touche la part du prix correspondant à la valeur de son droit (F934). Le détail dans Vendre une maison en usufruit.
La quitter, par exemple pour une maison de retraite : vous restez usufruitier tant que vous ne renoncez pas à votre droit ; vous pouvez louer la maison, ou y renoncer. Voir Peut-on casser un usufruit ?.
Sa valeur fiscale dépend de l'âge de l'usufruitier au jour de l'opération. Pour Hélène, 74 ans, dont la maison vaut 250 000 €, l'usufruit vaut 30 % du bien, soit 75 000 €, et la nue-propriété 175 000 € (barème de l'article 669, F934). Ce calcul sert aux droits de donation, de succession et de vente. Tableau complet : le barème de l'usufruit selon l'âge.
Accordé à une personne, il dure en principe jusqu'à son décès. Accordé à une personne morale, comme une association, il est limité à 30 ans (F934). Il peut aussi finir plus tôt : renonciation, perte totale du bien, non-usage pendant 30 ans, abus de jouissance ou réunion des deux droits sur une même tête (F934). Tous les cas et les démarches : Peut-on casser un usufruit ?.

Au décès d'un époux, c'est souvent le conjoint survivant qui reçoit l'usufruit des biens, les enfants recevant la nue-propriété.
Non, pas seul. La vente de la pleine propriété exige l'accord du nu-propriétaire. L'usufruitier peut en revanche vendre ou donner son usufruit sans cet accord.
Oui pour un bail d'habitation. L'accord du nu-propriétaire est nécessaire pour un bail rural, commercial, artisanal ou industriel.
C'est l'usufruitier, comme l'impôt sur la fortune immobilière s'il y est soumis.
Non. Un usufruit viager s'éteint au décès de l'usufruitier et le nu-propriétaire devient plein propriétaire, sans droits à payer à ce moment-là.
Oui, l'usufruitier peut donner son usufruit, au nu-propriétaire ou à un autre proche, sans l'accord du nu-propriétaire. Des droits de donation sont dus sur la valeur de l'usufruit.
Sources : service-public.gouv.fr, « En quoi consiste l'usufruit ? » (F934), vérifiée le 3 juillet 2026 · Notaires de France, « L'abandon ou la renonciation à l'usufruit », mis à jour le 5 mars 2024 · Code civil, articles 578 à 624 · Code général des impôts, articles 669 et 1133. Consultées le 20/10/2026.
Skarlett est un courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23004755, sous le contrôle de l'ACPR. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil personnalisé.


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