
Usufruit et succession : comment protéger vos proches et optimiser votre patrimoine en 2026 ?
Toutes les subtilités de l’usufruit successif et comment l’utiliser dans le cadre de sa gestion de patrimoine.
Skarlett est un courtier en assurance immatriculé ORIAS n°23004755, sous le contrôle de l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution).
La donation d'usufruit temporaire permet de transmettre les revenus d'un bien — loyers, dividendes, intérêts — à un proche ou une association, pour une durée fixe, sans jamais céder la propriété du bien lui-même. À l'échéance, tout revient automatiquement au donateur, sans démarche ni fiscalité supplémentaire. C'est un outil réel d'aide financière et de planification successorale — à condition de comprendre précisément sa fiscalité, souvent présentée de façon incomplète. Ce guide détaille le fonctionnement, le vrai barème applicable, et la nuance essentielle sur l'IFI.

Contrairement à un usufruit viager (qui dure jusqu'au décès de l'usufruitier), l'usufruit temporaire est accordé pour une durée fixe déterminée à l'avance — généralement entre 5 et 20 ans — puis s'éteint automatiquement à son terme, sans formalité.
L'usufruit temporaire s'arrête à une date fixe convenue à l'avance ; l'usufruit viager dure jusqu'au décès de l'usufruitier, souvent utilisé pour loger un conjoint survivant. La nue-propriété, elle, désigne la possession du bien sans pouvoir l'utiliser ni en percevoir les revenus tant que l'usufruit existe.
Marie, 72 ans, propriétaire d'un studio loué à Paris, souhaite aider son petit-fils Jules, étudiant, sans vendre son bien. Elle lui donne l'usufruit pendant 7 ans : Jules perçoit les loyers pour financer ses études, Marie garde la nue-propriété. À la fin des 7 ans, l'usufruit s'éteint automatiquement, sans démarche ni frais supplémentaires.
Tous les biens immobiliers (bâtis ou non) et certains biens mobiliers produisant des revenus réguliers (actions, parts de SCPI, portefeuille de titres) peuvent être concernés.
Un terrain constructible peut être donné temporairement en usufruit à une collectivité ou une association pour un projet précis ; un appartement loué peut permettre à un enfant ou petit-enfant de percevoir les loyers pendant plusieurs années, tout en gardant le bien dans la famille.
Une donation d'usufruit temporaire peut aussi porter sur des placements financiers : les dividendes, coupons et intérêts vont directement à l'usufruitier, tandis que le donateur conserve la nue-propriété du capital.
Le bien doit être clairement identifié, évaluable et juridiquement divisible entre usufruit et nue-propriété. Pour un bien immobilier, il doit être en pleine propriété, libre de toute indivision compliquée. La donation doit être formalisée par acte notarié, avec une durée déterminée dès le départ, et respecter les limites fiscales pour ne pas être requalifiée en abus de droit.

Trois avantages principaux : aider un proche financièrement sans se démunir du capital, organiser sa succession de façon progressive, et — sous conditions précises — alléger sa propre fiscalité.
Un parent ou grand-parent peut transférer les revenus d'un bien à un enfant ou petit-enfant (loyers, dividendes) pendant une durée définie, sans lui transmettre la propriété. Le bénéficiaire dispose d'un revenu régulier pour financer ses études ou un projet, sans être responsable du bien à long terme.
La donation d'usufruit temporaire permet de transmettre un usage pour quelques années, sans se déposséder définitivement du bien — une façon de maîtriser le rythme de sa transmission plutôt que de tout céder d'un coup.
C'est le point le plus souvent mal expliqué : en donnant l'usufruit, le donateur sort effectivement ce bien de sa propre assiette IFI (puisqu'il n'en est plus l'usufruitier) — mais si le bénéficiaire de l'usufruit est lui-même soumis à l'IFI, c'est à lui que revient l'obligation de déclarer la valeur en pleine propriété du bien, conformément à l'article 968 du Code général des impôts.
Ce que ça signifie concrètement : ce n'est pas une réduction de la charge fiscale globale de la famille, mais un transfert de qui la supporte. L'opération reste intéressante si le bénéficiaire n'est pas lui-même redevable de l'IFI (cas fréquent pour un enfant ou petit-enfant sans patrimoine immobilier propre), mais elle ne fonctionne pas comme un mécanisme d'évitement pur et simple de cet impôt à l'échelle du foyer.
La base taxable dépend de la valeur fiscale de l'usufruit temporaire donné, calculée selon un barème forfaitaire fixé par période de 10 ans — pas selon l'âge du donateur.
Selon l'article 669, II du Code général des impôts, l'usufruit constitué pour une durée fixe est estimé à 23 % de la valeur de la pleine propriété par période de 10 ans, sans fraction et sans égard à l'âge de l'usufruitier.
Point essentiel : ce n'est pas un calcul proportionnel à l'année. Un usufruit de 3 ans, de 7 ans ou de 10 ans vaut exactement la même chose fiscalement : 23 %. Seul le passage à une période supérieure (11 ans) fait grimper la valeur au palier suivant (46 %).
Cette valeur ne peut jamais dépasser celle qui résulterait du barème de l'usufruit viager selon l'âge du donateur — on retient toujours la valeur la plus faible entre les deux calculs.
Si vous donnez à votre enfant l'usufruit temporaire d'un appartement locatif estimé à 200 000 € pendant 8 ans, la valeur fiscale de cet usufruit est de 46 000 € (23 % de 200 000 €) — pas 80 000 € comme le donnerait un calcul erroné de 10 % par année.
Les droits de donation se calculent ensuite sur cette base, après application de l'abattement de 100 000 € en ligne directe, renouvelable tous les 15 ans.

L'usufruitier peut user du bien et en percevoir les revenus, mais doit respecter sa destination et assurer l'entretien courant ; le nu-propriétaire garde la propriété juridique et prend en charge les grosses réparations.
Il peut habiter le logement, le louer et toucher les loyers, ou percevoir les intérêts et dividendes. En contrepartie, il doit respecter la nature et la destination du bien (impossible de transformer une maison en local commercial sans l'accord du nu-propriétaire), et assurer l'entretien courant ainsi que les charges usuelles (taxe foncière sauf clause contraire, primes d'assurance, consommations), selon les articles 605 et 608 du Code civil.
Il conserve la propriété juridique du bien et peut l'inclure dans sa succession ou l'utiliser comme garantie. Il prend en charge les grosses réparations listées à l'article 606 du Code civil (murs porteurs, toiture, fondations), et doit donner son accord pour toute vente du bien démembré.
Elle est encadrée par les articles 578 à 624 du Code civil pour le démembrement, et par les règles générales de la donation (articles 894 à 1100-2) pour l'intention libérale et la capacité des parties.
La donation doit être formalisée par acte notarié (article 931 du Code civil), sous peine de nullité. La durée doit être déterminée dès le départ, par écrit, généralement entre 5 et 30 ans. Si les conditions légales ne sont pas remplies, l'opération peut être requalifiée par l'administration fiscale au titre de l'abus de droit (article L64 du Livre des procédures fiscales).
Le retour à la pleine propriété se fait automatiquement, sans nouvelle imposition, conformément à l'article 1133 du Code général des impôts. Si le bien est revendu après ce retour, la plus-value se calcule sur la base du prix d'acquisition initial.
Oui, mais uniquement avec l'accord des deux parties. Le prix se répartit alors selon la valeur respective de l'usufruit restant (calculée selon le même barème de 23 % par période de 10 ans) et de la nue-propriété.
Trois limites principales : le risque de mésentente entre les parties, la répartition parfois mal anticipée des charges, et la rigidité d'une durée fixée à l'avance.
Usufruitier et nu-propriétaire partagent un même bien avec des intérêts parfois divergents (entretien, décision de travaux, mise en location). Une convention claire dès le départ, rédigée avec le notaire, limite ce risque.
Une fois fixée dans l'acte notarié, la durée ne peut pas être facilement modifiée si la situation évolue (le bénéficiaire n'a plus besoin du revenu, un projet est retardé). C'est une contrainte à anticiper avant de s'engager.

Non, les deux valent exactement 23 % de la pleine propriété — le barème ne varie pas à l'intérieur d'une même période de 10 ans.
Elle sort le bien de l'assiette du donateur, mais si le bénéficiaire de l'usufruit est lui-même soumis à l'IFI, c'est à lui de déclarer la valeur en pleine propriété — ce n'est pas une suppression de la charge fiscale à l'échelle familiale.
Non, la durée fixée dans l'acte notarié ne peut pas être modifiée unilatéralement ; un nouvel acte serait nécessaire, avec l'accord des deux parties.
Non, contrairement à l'usufruit viager, seule la durée compte — mais la valeur retenue ne peut jamais dépasser celle qui résulterait du barème viager selon l'âge du donateur.
L'usufruit temporaire n'étant pas viager, il ne s'éteint pas automatiquement au décès du donateur — il continue jusqu'à son terme initialement prévu, sauf clause contraire.
Sources officielles : Code général des impôts, articles 669 (barème de l'usufruit temporaire) et 968 (IFI et démembrement) · Code civil, articles 578 à 624 (usufruit), 605, 606, 608 (charges), 894 à 1100-2 et 931 (donation) — via Légifrance
Skarlett est un courtier en assurance immatriculé ORIAS n°23004755, sous le contrôle de l'ACPR. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil personnalisé : pour toute donation d'usufruit temporaire, l'accompagnement d'un notaire est indispensable.
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