
Tout ce que vous devez savoir sur l'usufruit
On vous explique tout sur les termes d'usufruit et d'usufruitier.


Skarlett est un courtier en assurance immatriculé ORIAS n°23004755, sous le contrôle de l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution).
Oui, un usufruitier peut donner son usufruit à une autre personne — il en perd alors immédiatement tous les droits : il ne peut plus vivre dans le bien ni en percevoir les revenus. Ce mécanisme, souvent utilisé pour réunir la pleine propriété entre les mains d'un enfant nu-propriétaire ou pour offrir une source de revenus à un proche, répond à une question plus large : que peut réellement faire un usufruitier de son usufruit, et comment la fiscalité de la donation entre usufruit et nue-propriété fonctionne-t-elle ? Ce guide fait le point.

Un usufruitier est une personne qui détient le droit d'utiliser un bien et d'en percevoir les revenus, sans en être pleinement propriétaire.
Pour bien comprendre ce qu’est l’usufruit, il faut faire un petit détour par le droit de propriété :
Quand une personne détient l'usus et le fructus, on dit qu'elle est usufruitière. C'est une autre personne, le nu-propriétaire, qui détient l'abusus. Un bien ainsi partagé entre un usufruitier et un nu-propriétaire est dit démembré.

On devient usufruitier principalement dans trois situations : à la suite d'une succession, par une donation de nue-propriété reçue par un tiers, ou en vendant soi-même son bien en démembrement.
Le cas le plus fréquent est celui d'un conjoint survivant : lorsque l'un des membres d'un couple marié décède, ses enfants deviennent généralement nus-propriétaires du bien familial, tandis que le parent survivant en devient usufruitier.
Exemple : Monsieur et Madame Dupont sont mariés et ont un fils ; Madame Dupont est seule propriétaire du logement familial. À son décès, son mari devient usufruitier — il peut continuer à y vivre ou le mettre en location — tandis que leur fils devient nu-propriétaire.
Le démembrement est aussi utilisé de son vivant pour transmettre un patrimoine : les parents gardent l'usufruit de leur bien et en donnent la nue-propriété à leurs enfants.
En donnant la nue-propriété d'un bien plutôt que sa pleine propriété, les droits de donation sont calculés uniquement sur la valeur de la nue-propriété — nettement inférieure à la valeur du bien en pleine propriété.
Cette valeur dépend exclusivement de l'âge de l'usufruitier (donc du donateur, qui conserve l'usufruit) au jour de la donation, selon le barème fixé à l'article 669 du Code général des impôts :
Exemple : un parent de 65 ans donne la nue-propriété de son bien, d'une valeur de 320 000 €, à son enfant. À cet âge, la nue-propriété représente 60 % de la valeur du bien : les droits de donation ne sont donc calculés que sur 192 000 €, et non sur les 320 000 € de la pleine propriété.
On devient également usufruitier en vendant son propre bien en démembrement — c'est le principe de la vente en nue-propriété, qui peut être viagère (l'usufruit dure toute la vie du vendeur) ou temporaire (l'usufruit dure pour une durée définie au contrat).
Dans la grande majorité des cas, l'usufruit prend fin au décès de l'usufruitier ; dans le cas d'un démembrement temporaire, il prend fin à la date prévue au contrat.
À la fin de l'usufruit, qu'il s'agisse d'un décès ou de l'échéance d'un démembrement temporaire, le nu-propriétaire devient automatiquement plein propriétaire du bien, sans formalité ni fiscalité supplémentaire à ce moment-là — puisque la fiscalité a déjà été acquittée au moment de la donation initiale.
Oui : l'usufruitier est propriétaire de son usufruit, il peut donc le donner à une autre personne. Il perd alors immédiatement tout droit sur le bien — il ne peut plus y vivre, ni le louer.
Donner son usufruit permet soit de réunir la pleine propriété entre les mains du nu-propriétaire, soit d'offrir à un proche une source de revenus locatifs.
Au-delà de la donation d'usufruit, il est possible de vendre la nue-propriété de son bien pour récupérer une partie de sa valeur — tout en continuant à l'habiter ou à le louer — puis d'utiliser cette somme pour faire une donation à ses enfants ou petits-enfants de son vivant. C'est une solution fréquemment utilisée par les retraités souhaitant transmettre une partie de leur patrimoine sans attendre la succession.
Oui, c'est techniquement et légalement possible, mais rarement dans l'intérêt du nu-propriétaire : celui-ci récupérera gratuitement l'usufruit à la fin de la période prévue (décès de l'usufruitier ou fin du démembrement temporaire), sans avoir besoin de l'acheter.

Oui, il est possible de donner l'usufruit d'une quote-part du bien, ou de le partager entre plusieurs bénéficiaires, selon les mêmes règles de valorisation fiscale.
Pour un bien immobilier, oui : la donation doit être formalisée par un acte notarié, comme toute donation portant sur un bien immobilier.
Oui, les droits de donation s'appliquent selon le lien de parenté entre donateur et bénéficiaire (abattements identiques à une donation classique), mais calculés sur la valeur de l'usufruit donné, déterminée selon l'âge du donateur.
principe irrévocable (article 894 du Code civil), sauf trois cas strictement encadrés (articles 953 à 966 du Code civil) : l'inexécution d'une charge prévue dans l'acte, l'ingratitude grave du bénéficiaire (article 955 — attentat à la vie du donateur, sévices ou injures graves, refus d'aliments), ou la survenance d'un enfant pour les donations antérieures à 2007.
L'usufruit n'est pas affecté : il continue normalement, et ce sont les héritiers du nu-propriétaire qui récupèrent la nue-propriété, en attendant l'extinction de l'usufruit.
Non, le barème de l'article 669 du CGI s'applique de la même façon à tous les types de biens (immobilier, portefeuille de titres, etc.), seul l'âge de l'usufruitier au jour de la donation étant pris en compte.
Sources officielles : Code général des impôts, article 669 (barème fiscal de l'usufruit) · Code civil, articles 894 et 953 à 966 (irrévocabilité des donations et exceptions) — via Légifrance · Service-Public.fr (formalisme notarié des donations immobilières)
Skarlett est un courtier en assurance immatriculé ORIAS n°23004755, sous le contrôle de l'ACPR. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil personnalisé : pour toute donation, l'accompagnement d'un notaire est recommandé.
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