
Tout ce que vous devez savoir sur l'usufruit
On vous explique tout sur les termes d'usufruit et d'usufruitier.
Skarlett est un courtier en assurance immatriculé ORIAS n°23004755, sous le contrôle de l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution).
La propriété des meubles dans un logement en usufruit dépend de qui les a achetés et avec quels fonds — pas automatiquement du statut d'usufruitier ou de nu-propriétaire. Ce guide détaille les différents cas de figure, les responsabilités de chacun, et ce que l'usufruitier peut faire de ses droits sur ces meubles.

L'usufruit et la nue-propriété sont les deux droits qui composent la pleine propriété, et qui peuvent porter aussi bien sur un logement que sur des biens mobiliers (meubles, électroménager, objets d'art).
Le droit de propriété se décompose en trois attributs : l'usus (utiliser le bien), le fructus (en percevoir les revenus), et l'abusus (en disposer, le vendre ou le donner). L'usufruitier — souvent le conjoint survivant d'un défunt propriétaire, ou le vendeur d'un bien démembré — détient l'usus et le fructus ; le nu-propriétaire détient l'abusus.
La règle générale des articles 578 à 624 du Code civil s'applique aux meubles comme aux immeubles : la propriété dépend de qui a acheté le bien et avec quels fonds, pas automatiquement du statut de chacun sur le logement.
Si le défunt avait acheté des meubles de son vivant avec ses propres fonds, ses enfants (ou héritiers) en deviennent nus-propriétaires au même titre que du logement, et le conjoint survivant en devient usufruitier — dans les mêmes conditions que pour le bien immobilier.
Si l'usufruitier a acheté les meubles avec ses propres fonds, avant ou après le décès de son conjoint, ces meubles n'entrent pas dans la succession : il en reste pleinement propriétaire, sans aucun démembrement.
Si les meubles ont été achetés en commun et que le conjoint survivant choisit l'usufruit sur l'ensemble de la succession, il conserve la pleine propriété de sa moitié des meubles, et devient usufruitier de l'autre moitié (celle de son conjoint décédé).
L'usufruitier doit entretenir les meubles dont il a la jouissance, pour les restituer en bon état à la fin de l'usufruit ; il ne peut pas les vendre sans l'accord du nu-propriétaire.
Le nu-propriétaire, bien qu'il ne puisse pas utiliser directement ces meubles, conserve un intérêt financier à leur bonne conservation, puisqu'il en récupérera la pleine propriété à l'extinction de l'usufruit.

Le quasi-usufruit s'applique aux biens mobiliers consomptibles ou fongibles — de l'argent, une cave à vin — que l'usufruitier peut consommer librement, à charge de restituer l'équivalent à la fin de l'usufruit.
Contrairement à l'usufruit classique, l'usufruitier du quasi-usufruit n'a pas l'obligation de conserver le bien lui-même : s'il détient un quasi-usufruit sur une cave à vin, il peut en consommer les bouteilles, à condition de restituer des biens équivalents en quantité, nature et valeur à la fin du quasi-usufruit.
👉 Comprendre le fonctionnement du quasi-usufruit
Oui, et sans avoir besoin de l'accord du nu-propriétaire : l'article 595 du Code civil autorise l'usufruitier à jouir lui-même du bien, à le donner à bail, ou même à céder son droit à titre gratuit ou onéreux.
Cette liberté découle directement du droit de jouissance de l'usufruitier sur son propre droit — elle ne nécessite pas le consentement du nu-propriétaire, sauf exception ponctuelle prévue par la loi (bail rural ou commercial de plus de 9 ans, sans rapport avec la cession de droits sur des meubles). En cédant son usufruit, l'usufruitier transfère à un tiers le droit d'usage et de jouissance des meubles concernés, pour la durée restante de l'usufruit.
Le nu-propriétaire peut demander réparation, et en cas de manquement grave et répété à l'obligation d'entretien, saisir le tribunal pour faire constater un abus de jouissance.
Non : seuls les biens détenus au moment du décès entrent dans la succession — un meuble acheté après par l'usufruitier avec ses propres fonds lui appartient en pleine propriété.
Les factures, relevés bancaires ou tout document daté attestant l'achat restent les preuves les plus fiables — d'où l'intérêt de conserver ces justificatifs, notamment pour les objets de valeur.
Non, sauf en cas d'abus de jouissance constaté en justice — l'usufruitier conserve normalement l'usage des meubles jusqu'à l'extinction de son usufruit.
Il peut céder son droit d'usufruit sur ce meuble (voir plus haut), mais pas le donner en pleine propriété, puisqu'il n'en détient pas l'abusus.
Sources officielles : Code civil, articles 578 à 624 (usufruit) et 595 (cession des droits de l'usufruitier), via Légifrance
Skarlett est un courtier en assurance immatriculé ORIAS n°23004755, sous le contrôle de l'ACPR. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil personnalisé.
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